Français et végétarien ?

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Avant de voir si on peut s’en sortir facilement en étant végétarien à l’étranger, on s’est dit que ce serait intéressant de commencer par dresser un petit bilan intra-muros.

Dans l’imaginaire collectif, la France c’est celle de Jean-Pierre Pernault, du Terroir, et de la barbaque.

Alors si on sort un petit peu du cadre, on a vite fait de passer pour des illuminés. Des hippies mangeurs d’herbe et de pissenlit. Parce que pour beaucoup, rien ne vaut une bonne côtelette passée au barbecue.

Pourquoi se passer du plaisir gustatif ? L’homme n’est-il pas un chasseur depuis la nuit des temps (t’as sorti ton gourdin récemment pour matraquer un mammouth ou assimilé toi ?)? Il faut bien se nourrir non ? On les connait presque tous par cœur les arguments.

Il y a bien des contre-arguments visant à démontrer que le jeu n’en vaut pas la chandelle comme par exemple :

La souffrance animale :

Les animaux sont des êtres sensibles, c’est avéré. Les conditions d’élevage ce n’est pas forcément l’eldorado. Tout ça pour finir envoyé dans des abattoirs,  où ça ne se passe pas non plus exactement comme dans  un épisode de oui-oui. Et pourquoi accepter de manger certains animaux et trouver ça gênant quand il s’agit d’autres ? Mystère !

L’impact sur l’environnement :

La production de gaz à effet de serre, la déforestation pour installer des élevages industriels, l’utilisation des cultures céréalières pour nourrir tous ces animaux (au lieu des hommes),  l’utilisation énorme d’eau que cela nécessite…


L’impact sur la santé :

Ce n’est pas hyper recommandé de s’enfiler autant de viande. Et honnêtement on peut très bien s’en sortir, aller bosser sans défaillir, faire du sport, s’envoyer en l’air, avoir assez d’énergie pour affronter la journée, en étant végétarien.

Pour plus de détails et de démonstrations, vous pouvez lire Aymeric Caron et son « no steak » ou regarder des vidéos YouTube d’immersion dans les élevages ou abattoirs. Le truc c’est que celui qui aime dur comme fer sa saucisse avec son aligot, n’en démordra pas. Il faut avoir envie d’y réfléchir et accepter l’idée de revoir son mode de consommation. Alors ça ne sert à rien parfois de palabrer des heures.

Mettez Maïté en face d’un végétarien et il y a peu de chance de trouver un terrain d’entente même après une éternité de débat. Tout au plus Maïté pourrait vous menacer de vous couper la langue avec son couteau tranchant et de la faire revenir dans une bonne garbure. De toute manière, globalement on n’essaye pas de faire du prosélytisme. On se la joue même plutôt discret, parce que ce n’est pas agréable de se faire repérer et prendre pour cible par une 10ène de carnivores convaincus.

Revenons-en à nos moutons (en vie les moutons !), le végétarisme en France. C’est pas toujours simple de trouver ne serait-ce qu’un plat au menu des restaurants qui ne contiendrait pas de lardons et où les légumes ne sont pas justes là pour la déco et  sublimer la viande.

Et quasi-impossible de trouver quelque chose à grignoter sur le pouce (un sandwich ou une salade) au supermarché, autre qu’avec du jambon ou de la rosette. Un végétarien doit donc être prévoyant !

Mais on s’améliore

Certes trèès lentement comparé à certains de nos voisins européens, mais on entend de plus en plus autour de nous des personnes qui s’intéressent au sujet, qui ont réduit leur consommation ou qui se mettent au végétarisme.

En cas de sortie à l’extérieur, le mieux reste d’opter pour de la cuisine étrangère : Indienne, Italienne, ou Libanaise, où on trouve facilement des plats gourmands et sans viande.  Et forcément, l’une des solutions la plus simple et économique est de cuisiner soi-même ! Il existe de supers ouvrages ou sites dédiés à la cuisine végé. Et on trouve pleins de choses sympas dans les magasins bios (qui ont souvent une gamme variée en rayon)!

Bon on sait quand même qu’ici c’est le level 1 : hyper facile. On connait la langue, les plats, on peut facilement questionner nos interlocuteurs, maitriser notre alimentation. On est en terre connue. Mais bientôt ce sera une autre paire de manche !

To be continued.

Mon déclic :

Je viens du terroir. Autour de moi des agriculteurs, et de gros consommateurs de viande. C’était un peu comme le pain, incontournable.

Ma grand-mère élevait des poulets à la maison. Chaque matin, elle allait gaiement les nourrir et leur parler. Elle les aimait c’est sûr.

Mais j’ai commencé à ne pas comprendre comment pendant des mois on pouvait s’occuper de ces animaux, puis un jour on part les récupérer, on les embarque dans la grange pour les saigner.

Et hop ils se retrouvent tous entassés les uns à côté des autres sur un torchon sur la table. Puis guillotinés dans un plat à table.

C’est le premier animal que j’ai arrêté de manger, quand j’étais au collège. Puis, j’ai élargi ma liste de restriction jusqu’à ne plus en consommer du tout. Autant dire que ma façon de penser était considérée comme une lubie (encore plus au début des années 2000) !

Le déclic de Rémy :

Non, je ne l’ai pas poussé à me rejoindre dans ma « secte » ! Je suis peut-être même celle qui au début était un peu gênée parce que je ne voulais pas passer pour un gourou qui détourne notre bon Rémy du droit chemin carnassier.

Ça ne me dérangeait pas qu’il achète de la viande (ou du poisson bien que je déteste cette odeur). Mais c’est vrai que comme moi je n’en mangeais pas, et que le repas est un moment de partage dans notre vision de français, lui était moins tenté d’en cuisiner juste pour lui.

Il en prenait plutôt à la cantine du boulot mais il avait déjà réduit sa consommation, sans que ça lui manque. C’est en se renseignant sur le sujet (et en lisant Aymeric Caron) qu’il s’est forgé une conviction. Et autant moi ça pouvait m’arriver très exceptionnellement de flancher pour une tranchette de saucisson, autant c’est lui qui m’a mise face à mes contradictions !

On veille donc à être cohérent et persuadé que le végétarisme (et encore mieux le véganisme) est l’avenir.

Pour aller plus loin

—> Suivez (entre autres) sur les réseaux sociaux « la carotte masquée » et l’association L214

—> Lisez Aymeric Caron et  Mathieu Ricard pour vous faire votre idée

—> Suivez nos aventures au bout du monde pour savoir comment on voit les choses ailleurs

Le partage c'est la vie 🙂

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