Retour: un mois déjà

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Nous n’avons pas encore terminé de raconter nos aventures sur le blog et pourtant nous sommes rentrés en France depuis un mois. Déjà un mois! Le temps s’est envolé. Nous souhaitions un attérissage tout doux grâce à une escale préalable à Lyon, pour jouer les touristes français. La « der des der »! Mais malgré tout, on ne laisse pas une vie de vagabondage, à deux, sans quelques secousses.

 

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Atterrir et comprendre ce qu’il nous arrive 

Poser son sac à dos, enfiler de nouveaux habits, revenir dans des lieux qui nous sont familiers et réaliser que c’est vraiment la fin. Pas une entracte et après on repart. Cette fois c’est vraiment la fin du voyage.
Et c’est très inquiétant comme si vite on a l’impression d’avoir fabulé, de ne pas avoir vécu tout ça. Ce qu’on l’on vit à l’instant T est soudainement si différent qu’on ne sait pas si nos souvenirs vont se dissoudre à la vitesse de l’éclair pour n’en garder que de vagues impressions. Alors là c’est émotion, mélancolie, nostalgie, joie aussi parfois de commencer une nouvelle aventure mais aussi PEUR.

 

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Sortir de notre bulle à deux

Pendant presque un an, nous n’étions que deux, 24h/24. De vrais siamois. Découvrir, s’émerveiller, stresser, apprendre, s’adapter, planifier: c’est à deux que ça se passait. Et mis à part quelques différences dans la gestion des évènements impromptus, on a formé une bonne équipe- solide, solidaire et complice. Et là, hop, notre bulle éclate. Du monde partout. On revient en terrain connu. Et c’est pas simple. On ne peut plus s’y souvent rester dans une bulle à deux mais on recommence à cultiver une bulle à soi.

 

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Gérer ses émotions pour mieux avancer

Il y a la pression, d’abord celle qu’on se met soi même.
On fait le bilan directement après avoir posé notre sac à dos. Donc là, on a 28 ans (c’est déjà dur à dire) et:
1/ on se retrouve dans la chambre d’adolescent de Monsieur (heureusement au passage, que nous avions cette chance) alors que soi même on est très autonome et qu’on a une soif d’indépendance qui coule dans nos veines (et des cheveux gris qui poussent sur ma -J’eus aimé pouvoir dire « nos »- tête);
2/ à la recherche d’un nouveau véhicule motorisé qui nous donnera l’illusion de retrouver un peu de liberté;
3/ à la recherche d’un emploi en milieu très rural (parce qu’on aime les défis).
Là, on inspire-on expire- le ying, le yang- la position du lotus: on est prêt à tout pour rester zen. On se visualise sur une barque au milieu du Mékong, dans le calme et la sérénité!
On essaye d’évacuer les mauvaises pensées de type « va t’on finir par regretter amèrement d’avoir pris cet avion il y a 10 mois?« , « aurait il été préférable d’avoir glissé et succombé dans les eaux irlandaises du Connemara?« , « pourquoi j’ai quitté ma maison au milieu des vallons?« , « pourquoi j’ai vendu ma voiture qui comprenait si bien ma conduite aléatoire?« .
En fait les premiers jours, pris dans l’adrénaline, on n’arrête pas. On est au four et au moulin. On s’investit corps et âmes pour que tout se décante et qu’on retrouve un équilibre qui nous permettra de souffler. On est plutôt positif. On en profite aussi pour faire des choses qui nous ont manqué en voyage: essentiellement bien manger (et donc regrossir- c’était une fatalité). Et puis, parfois on fait un break dans le positivisme et on est plus sur du 50/50.

 

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Dire sus aux pessimistes

La pression que nous mettent les autres, directement ou indirectement, est comme un grain de sel, que dis-je une salière, déposée sur une période transitoire pas simple.
C’est fou comme certaines personnes se sentent obligés d’émettre un avis sur vos choix ou de vous envoyer à la figure leur négativisme. Parfois on se demanderait même si ça ne les arrangerait pas qu’on galère pendant 4-5 ans pour qu’ils puissent se prouver qu’on ne prend pas la décision de profiter de la vie sans que ça ait de terribles conséquences.
72 heures après notre arrivée, c’est limite si nous ne devions pas décréter l’état d’urgence parce que nous n’avions pas encore retrouvé de travail. Il faut aussi dire sus aux sous-entendeurs chroniques du « tu n’as pas de travail, donc tu t’ennuies, donc tu ne fais rien= je ne te respecte pas- CQFD« . Ce sont surement d’ailleurs les mêmes personnes qui se plaignent de n’avoir le temps de rien faire à cause du travail. On n’est pas à un paradoxe près.

 

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Garder un peu des enseignements du voyage pour vivre plus heureux 

En voyage, on a eu le temps de réfléchir à plein de choses et de rencontrer des gens positifs et inspirants.
On est allé plus loin dans notre réflexion sur les ravages de la société de consommation et sur la vie que nous souhaitions vivre.  Il y aurait tant à dire sur le sujet. A quoi bon ne vivre que pour consommer des biens à obsolence programmée? Ne peut on pas vivre, avec moins peut être, mais mieux?  Si on a de quoi vivre simplement, est-il sain de vouloir toujours plus au détriment de l’essentiel? Si on est heureux, pourquoi Pierre, Paul et Jacques veulent ils nous faire croire que nous ne le sommes pas vraiment? Des questions qu’il faudrait réussir à toujours se poser pour ne pas retomber dans de toxiques pièges.

 

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Un mois et déjà (ou enfin?) un nouvel élan 

On vit chaque petit pas comme une victoire, et un nouveau départ qui s’annonce. C’est avec Vava, notre Opel Mériva d’occasion (mais elle n’a pas à en rougir) que nous avons pu retrouver un peu de liberté. La liberté d’aller et venir, de s’aventurer, mais aussi de fuir si le besoin devait s’en faire sentir.
Et puis, ce fut au tour de Rémy de réintégrer le marché de l’emploi. Faisant fi des menaces de monsieur Macron d’éradiquer le genre, il a remis son habit de fonctionnaire, prêt à servir les intérêts de la cohésion sociale, de la culture, de l’animation et des sports pour une nouvelle collectivité. Un petit pas pour lui, et un grand pas pour notre indépendance. 
On s’était fait la promesse en voyage: « l’important c’est qu’au moins l’un d’entre nous trouve du travail pour bien repartir, et on sera heureux« . Et on essaye de s’y tenir.
C’est avec cette stabilité professionnelle toute fraiche que nous sommes partis à la recherche de LA maison. Et croyez-nous, celle-ci on ne la quittera pas comme ça. De ne plus avoir ce sas d’intimité, de stabilité, d’espace à soi, de cocon, pendant et après le voyage, c’est ce qui a été le plus dur. Si on repart un jour (ce qui n’est pas totalement impossible), ce sera dans un autre cadre. Moins longtemps, avec un congé sans solde, la clé de la maison et de la voiture dans un trousseau, pas loin pour le retour. C’était le bon moment pour le faire, celui où on s’en sentait le courage mais recommencer tout pareil, me semblerait trop dur désormais. Trop de hula-hoop pour mon palpitant. Mais attention, aucun regret. Ce fut la meilleure et la plus grande aventure de notre vie.

 

En mode Stéphane Plazza, nous avons visité quelques très rares biens. Pas simple de trouver un logement en location à la campagne, qui plus est pas de classe énergétique Z (qui permettrait à EDF* de gagner le jackpot) . Comme si on devait sauter immédiatement de « chez les parents« , à s’ « endette pour 35 ans » devenant propriétaire. Presque la larme à l’oeil et la mélancolie au coeur, je me disais « non, rien de rien, non rien ne sera à la hauteur de notre ex (maison) à Boussac« . Et puis, sans qu’on s’y attende, on l’a vu. Jolie, simple, neuve: en un quart de seconde après avoir passé la porte, on se regarde, et on le sait. « Destiné, on était tous les trois destinés« . On aménage en septembre. Autant dire que les jours vont s’égrainer beaucoup trop doucement d’ici là.
*je parle d’EDF, mais sérieux, il faudrait qu’on devienne un peu responsable et qu’on investisse quelques euros de plus pour enercoop! Le renouvelable c’est plus prometteur que le nucléaire!
C’est où? Dans le Lot. Et le travail de Rémy? Dans l’Aveyron. Et alors? On est des citoyens du monde! Même si pour certains la frontière est infranchissable!
N’empêche que moi je l’aimais bien l’Aveyron. D’ailleurs, lors d’un récent séjour en Bourgogne chez des amis, j’ai presque été débauché par un agent de l’office de tourisme pour mes capacités à vendre mon territoire. Le Lot, c’est très joli aussi, c’est vrai. Mais pour l’instant il est à l’essai! On va voir s’il est convaincant, si on s’y sent bien et si on a envie d’y rester. Rien n’est définitivement joué (comme dans le jeu de la vie).

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Et toi alors? Toi, qu’est ce que tu glandes à part raconter ta vie en ligne? 

Je sais maintenant où chercher moi aussi un travail, puisque le but c’est quand même qu’on vive ensemble. Pas l’un dans le Cantal et l’autre dans le Lot. Ce qui était formidable, c’est que quand on était tous les deux à la recherche d’un boulot, tout le monde ne s’adressait qu’à Rémy pour lui mettre la pression. On m’oubliait, parce qu’inconsciemment ce doit d’abord être l’homme qui fait bouillir la marmite. Et maintenant, tous les yeux sont braqués sur moi.
Calmos très chers frères et soeurs! En attendant, j’ai dans mon escarcelle et dans mon chapeau de magicienne, pleine de choses intéressantes à faire pour occuper mes journées, en plus d’une quête du travail qui j’espère m’épanouira.
Sur ce, j’y repars! 

 

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Le partage c'est la vie 🙂

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11 thoughts on “Retour: un mois déjà

  1. Boitier Catherine

    Il y a toujours de quoi « péter » les plombs en rentrant de voyages et de refaire connaissance avec un monde qui ne nous convient plus vraiment … Mais, nous avons tous tant de ressources (et même quand il en manque un peu de ces ressources), la magie de notre vie nous apparait et surgit pour nous dire « STOP » à nos conneries quand on se trompe de chemin … Alors, il devient vital de voir les signes, et d’entendre notre petite voix pour se retrouver sur notre bonne voie ! Confiance, foi et …. optimisme sont indispensables et pppffff au négativisme !!!

  2. Cela nous rappelle de vagues souvenirs… C’était il y a un an et ça a été très difficile. Retour chez papa maman, plus de voiture, peurs des autres, etc. . C’était un retour temporaire, mais il a duré longtemps. Après une longue hésitation, on a décidé de vendre notre maison et pendant ce temps on a poursuivi le voyage à travers le blog. Mais c’est surtout de rencontrer d’autres voyageurs et de voyager encore qui nous ont permis de sortir de ce trou noir . Je vous souhaite de rebondir et une bonne continuation dans vos projets.

    1. Tourdumondeux

      Merci Sandrine pour ce témoignage! Le retour n’est pas forcément facile. C’est une autre vie, un autre quotidien, un équilibre et de la joie à retrouver. Ca prend plus ou moins de temps, mais ça viendra forcément! J’espère qu’à la fin, les galères du retour s’estompent et qu’il ne reste en mémoire que la satisfaction d’une telle aventure personnelle. Des souvenirs pour une vie. Ca va mieux désormais pour vous? On l’espère et en tout cas, on va aussi aller visiter votre blog pour garder un pied dans le dépaysement.

  3. Christelle et Olivier

    Ah oui nous aussi on est contents d’avoir de vos nouvelles parce que souvent, les tourdumondistes , ils ne nous parlent plus une fois qu’ils sont rentrés ah ah. J’ai tjs pensé que le retour était bien plus dur que le départ et il faut lutter contre la pression sociale!! Nous ça a été quand on fait la maison. Les 3 ans qui ont suivi ça a été « c’est pour quand les enfants » (une fois, 10 fois, 100 fois!!). Bref, chacun sa croix !! Construire la vie qu’on s’est choisi n’est pas toujours facile mais vous avez ttes les qualités pour y arriver. Tous nos encouragements vous accompagnent!! Bises des Landais

    1. Tourdumondeux

      Merci pour ce petit mot! Merci pour l’optimisme! Quelle sagesse en pays landais! C’est un défi de se détacher de la pression sociale, de trouver sa propre voie, et d’être heureux selon ses propres définitions. Une conquête! ^^ C’est plutôt drôle finalement parce que quand on vous voit ensemble, complices, vous régaler avec des voyages au bout du monde, on se dit presque « est ce que ça vaut vraiment le coup d’avoir des enfants? ». Il y a encore beaucoup à faire depuis le retour. On a déjà de nouvelles envies, de nouveaux projets et une nouvelle façon de voir le monde. J’espère qu’avec une bonne dose de volonté, saupoudrée de beaucoup de chance, tout se goupillera bien. Gros bisous à vous! Et atterrissez bien après votre séjour en Inde! Bises du Lot (une découverte à venir?)

  4. Clemence

    Ouii !!! On a vécu pareil, tout pareil du debut à la fin ! Et pour être honnête, ton article m’a fait pleurer ! Bon je suis peut être un peu sensible, mais c’est fou comme le voyage est si vite dans le passé ! J’ai l’impression de ne pas avoir quitter Lyon et les demandeurs d’asile …
    Après notre épisode Stéphane Plazza, nous venons d’emménager ! Je finis de découvrir le fond de mes cartons poussiéreux et on revient vers vous pour fixer une date pour venir vous voir ! 🙂
    Bisous les copains !

    1. Tourdumondeux

      Merci pour ton message Clémence! On est donc tous sur le même bateau! Ce fut une expérience hors du temps, presque surréaliste! Il nous tarde de vous voir, de papoter,trinquer, refaire le monde et le voyage avec vous! Notre chambre d’amis vous attend pour des jours au vert dans notre humble demeure! Finissez bien d’aménager votre home sweet home! A très vite! Des Bisous

  5. Contents d’avoir de vos nouvelles ! On vous fait confiance pour construire une vie qui vous ressemble, sans trop vous laisser embêter par les pessimistes 🙂

    1. Tourdumondeux

      Merci pour votre message et vos ondes positives! 🙂 Comment se passe la vie en Espagne en ce moment?

      1. Mi-fugue, mi-raison

        À merveille ! Mer, soleil, tapas, sieste… On s’adapte sans trop de difficultés au rythme local, on n’est pas à plaindre 😉

        1. Tourdumondeux

          Ce programme semble être aux petits oignons! On s’y verrait bien aussi! Continuer à vous suivre nous donne des idées pour de futures expéditions. Profitez bien!

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